14 février 2006

La Torta et un retour en fiesta a Cordoba

Après ces quelques jours bien agréables au pays des vignes et des olives, retour par Cordoba avant de passer la fin de semaine sur Buenos Aires. On a prévu de ne rester qu’une soirée et deux bouts de journées. Connaissant Martin et Karina, on sait que la soirée sera longue…

DSCF0819 Depuis que j’ai vu le film Historias Minimas, je reve de ces gateaux geants que font les mamas argentines. « La Torta » c’est un gateaux fait de genoise fouree au dulce de leche ou a la confiture et recouvert de pate d’amande (…en gros). Le clou du gateau reside dans son aspect. Quand arrive une fete ou un anniversaire, on se rend chez une petite dame experte en Torta et on choisit la tete qu’aura le gateau en fonction de la personne a qui on veut l’offrir ou de l’evenement. On discute autour de centaines de photos exmples, on cherche l’idee, et on imagine un gateau sur mesure. Trois jours sont ensuite necessaires pour la realisation du gateau ! La reussite se mesure a la creativite de la patissiere et de sa capacite a realiser les details en pate d’amande.

DSCF0818 De connivence franco-argentine, un complot s’est cree pour m’offrir une super Torta a l’occasion de la fete d’adieu des « franchutes » a notre retour a Cordoba. Et voila le resultat !!! UWWhhaaoouu ;) ;) ;)
Manger des bouts de canard en pate d’amande me rappelle a peu pres le plaisir que j’avais a detruire les chateaux de sables sur la plage que mon pere metait 3h a realiser.
Si un jour je vis en Argentine, je serai Maitre Torta.

DSCF0827 Pour la soirée, Dora, la maman d’une collègue de travaille de Karina nous a préparé des plats « arabes » qu’elle connaît de son papa (on passage on a récupéré la recette). Un vrai délice. Martin continue a la parilla en offrant pour tout le monde une choripanie géante (70 saucisses à faire cuire, s’il vous plat) et nous emmènera en musique jusqu’au petit matin (…5h).

11 février 2006

Michel Rolland a Mendoza

DSCF0773 Mendoza, c’est la capitale du vin de l’Argentine, 70% de la production du pays du pays vient des zones de Maipu et Lujan, environ a une heure de la ville. Situee dans un desert de caillasses, la ville detient pourtant un systeme d’irrigation super efficace, datant des indiens huarpe, qui permet d’approvisionner les cultures en eau et preserve le centre ville des inondations.


DSCF0783 Pour visiter les bodegas, un jeune argentin propose une formule originale « vin et bicyclette ». On se promene ainsi au gres des envies entre vignes et oliviers avec des pauses visites de bodegas, musee du vin, fabrique d’huile d’olive et magasin de gourmandises.

DSCF0776 Le type qui a lance le concept entrepose ses velos dans la maison d’un vieux monsieur de 80 ans qui a travaille toute sa vie et qui aujourd’hui a l’air tout content de participer a l’entreprise d’un petit jeune. Il faut tapper fort a la porte pour se faire ouvrir et parler tres fort, mais quel personnage ce Don Luis ;)

DSCF0779 Au cours du parcours, on s’arrete dans une bodega tenue par deux francais au parcours atypique. Philippe etait ingenieur a EDF et s’est expatrie avec sa femme Brigitte en Argentine pour son travail en 1998. A la fin de son contrat, conquis par le pays, Philippe donne sa demission a EDF et entreprend de reprendre un domaine dans la region de Maipu et de commencer a produire du vin avec une experte argentine en oenologie. Son probleme est simple : comment faire un vin de qualite irreprochable, rapidement, pour s’imposer sur un marche dont il ne maitrise ni le savoir faire ni la culture du pays, et de surcrois en crise. C’est le qu’intervient la star du vin internationale, Michel Rolland. Pour ceux qui ont vu le film Mondovino, on se rappelera ce personnage qui a transforme savoir-faire vinicole en marketing et qui « apprend » aux domaines du monde entier a faire du vin qui ressemble a du Bordeaux, qui a le gout de la tendance, et qui plait a Robert Parker, LE critique du vin mondial, et donc qui plait au marche (j’ai beaucoup resume). :(
Ainsi, voila comment on a visite, goute… et meme achete, en Argentine, un vin de Michel Rolland. Certe on aurait prefere ramener un vin du petit producteur du coin qui nous aurait fait boire jusqu’a plus soif un petit vin de pays autour d’un fromage de chevre fume comme ils savent le faire ici. Mais non on a achete un Michel Rolland. J’avoue que je me suis laisse attendrir par l’histoire de ce couple francais qui a prefere la pampa argentine a un bureau climatise chez EDF, une economie incertaine mais dynamique a une societe et un systeme vieillissant, amoureux des ciels et des gros chiens argentins. Brigitte, qui nous fait la visite parle castillan avec un accent bordelais et entrecoupe ses phrases de « bon », « ben », « alors » et nous explique coment ils se sont plante sur le packaging avec leur premiere etiquette qui representait un ciel rempli d’etoiles (aujourd’hui ils ont mis un blason francais, ca fait plus serieux). On repart avec deux bouteilles, dont celle avec l’etiquette du ciel rempli d’etoiles…

La bodega Carinae

Tout sur Michel Rolland

5 février 2006

Valparaiso

DSCF0734Santiago Valparaiso 1h30 de bus. Ça me fait rire tellement c’est ridicule comme distance. En dessous de 400h de bus, c’est pas la peine de m’en parler, ça m’interesse plus !

Terminal de Bus de Santiago pour Valparaiso

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Donc après ce voyage éclair, on débarque au port mythique et ville de Neruda. Au passage, nous venons de traverser le continent d’est en ouest.

D’abord c’est gris et assez triste car le terminal de bus est loin du port, on voit à peine les collines de maisons qui suivent la baie et aucun des fameux funiculaires (environ une trentaine).

DSCF0732Alors, on décide d’aller voir ce que cette ville peut bien avoir de particulier pour être l’objet de tant de fantasmes et être inscrit au patrimoine de l’humanité.
On entre alors dans les entrailles d’une ville affairée qui nous rappelle un peu La Paz ou Lima dans l’agressivité de son animation. Au fur et à mesure qu’on avance vers le port, la ville devient plus agréable mais ne justifie toujours pas sa réputation.

DSCF0746On décide donc de trouver un ascenseur et de voir ce qui se passe plus haut. Mieux vaut monter à pied si vous avez le vertige car la pente et la vétusté de la mécanique ne poussent pas à la plénitude.
Sinon, le paysage qui emmerge au fur et à mesure des immeubles commence à donner une idée de ce qui nous attend en haut :

DSCF0729Une vue à 180° sur l’océan et le port immense de valparaiso dans lequel cohabite vieux gréments et plateforme de fret. Les 180° qui restent à explorer sont occupé à 100% par des maisons de 2 ou 3 étages de haut et aux couleurs hallucinantes.
Entre et parfois sur les maisons, des peintures, des graphs qui font que c’est un vrai bordel de couleurs dans tous les sens où les seuls murs qui restent blancs sont ceux des églises… (le graph en question est d’Hotatio)

Au dessus et de tous cotés, les maisons continuent de remplir chaque espace si bien que d’ici, on ne peut voir que les maisons, le ciel et l’océan.

Sur la colline d’à coté le cimetierre recouvert de végétation n’est visible que depuis les cerro plus hauts. Au sommet du cimmetierre, un panthéon énorme sous les plantes grimpantes.

Plus loin la maison de Neruda au sommet d’un autre cerro et ainsi de suite tant qu’il y a de la terre.

DSCF0741En bas, proche de la mer, le métro de Valparaiso est à l’air libre et longe le littoral jusqu’à Viña via la playa où on est allé plonger les pieds fatigués par la marche.

La plage

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DSCF0753Evidemment le coucher de soleil est spectaculaire vu d’en hautmais depuis une terrasse bien si possible. La ville change de couleur chaque seconde, les ombres s’allongent et disparaissent. Après l’orange et le rouge, la ville passe au rose, tout s’allume … C’est le moment ou tu te rends compte qu’avec un pull c’est bien aussi et que finalement à l’intérieur c’est la solution.

En bas, tout le monde commence à piccoler et à sortir dans les pubs, discothèques à forte majorité gothiques (pourquoi pas). Si ça te branche pas tu peux aussi assister au concert en plein air de musique … gothique aussi !!

3 février 2006

La Maison d'Horatio

DSCF0667 A Santiago, on est Hebergé Chez Horatio dans le Quartier Ñuñoa, un quartier où les avocatiers, les pêchers, les palo burracho et les palmiers recouvrent complètement les maisons vielles de 70ans de 2 étages maxi.

L’âge de ces maisons justement est un problême: Pour certaines, elles demandent un entretien constant du fait de leur grand âge et de l’humidité ambiante.

Il y a quelques semaines de ça, la mère d’Horatio s’est fracturé le fémur en passant la jambe au travers d’une planche pourrie par l’humidité et une branche énorme de l’avocatier a céder sous le poids des fruits sur la chambre/atelier d’Horatio.

Malgré tout, ils nous accueillent à bras ouverts.

Avant d’aller voir Valparaiso, on va suivre Horatio en plein scéance de graphiti en compagnie d’autres peintres/graphiteurs argentins dans la nuit. Si tout se passe bien, ça fera l’objet d’un article.

Le graphiti en amérique du sud, est mieux toléré qu’en Europe. Au Brésil, plus qu’en tout autre, c’est un art reconnu où culminent depuis plusieurs années déjà les Gemeos.
Quelques exemples des oeuvres de Gemeos a Santiago

La poésie des dessins des Gemeos, d’Horatio et des autres reflètent la culture de leur pays respectifs et du continent entier. Ils se connaissent tous et peignent régulièrement ensemble.

En France, le style paraît généralement plus inspiré de celui de New York. De là à penser que c’est justement parce que cette le graphiti reste en France un art clandestin ???

Mais pour le moment, nous profitons de Santiago, beaucoup plus tranquille et agréable que je ne l’imaginais. Elle est découpée en 70 communas (arrondissements) qui ont chacune leur municipalité et leurs députés. Ainsi les lois peuvent diférer de l’un à l’autre…


Elles ont aussi leur commerce, leur place centrale. De fait le centre de la ville est assez petit et concentre institutions et musées principaux.


DSCF0707La ville est dessevie par un métro tout neuf qui ressemble à celui de Barcelone dans ses couloirs et à Paris dans ses wagons.

Les bagnoles sont plus récentes et moins bruyantes qu’en Argentine, le port du casque est obligatoire et respecté. Beaucoup de parcs et de jardins. Définitivement, on respire bien et on s’y repose facilement à la terrasse des cafés dans les sandwicheries branchouilles. La ville ça a du bon aussi !!!

Tant mieux car le temps est compté et le planning se ressert de jour en jour.

"Utopias de Bolsillos"

Des notre premier jour a Santiago, nous visitons le Musee des Beaux Arts qui abrite jusqu’en Mars une Biennale de jeunes artistes contemporains.

DSCF0669 Le Musee est en lui meme une oeuvre d’art, un grand hall coiffe d’une grande verriere. Une architecture classique dans laquelle les oeuvres contemporaines et les couleurs criantes trouvent tout a fait leur place. Cet agencement resume a lui seul l’esprit de ce lieu, une creation hyper dynamique, decomplexee, impregnee de son histoire culturelle et pourtant resolument creative. Les references classiques n’y sont pas pesantes comme en Europe, les lieux d’expo n’ont pas ce cote sacre et elitiste.

Un groupe de 11 jeunes artistes y exposent chacun une oeuvre dans une biennale intitulee « Utopias de bolsillos » (utopies de poche) . Humbles, revendicatives, utopistes, leurs oeuvres sont empreintes d’images fortes et efficaces.

Par exemple, Rodrigo Canala a installe une corde a sauter qui bouge grace au mecanisme de deux mains activees par des moteurs. Une des deux mains tient un manche de corde aux dessins naifs, l’autre une menotte, la corde fait un bruit d’enfer, tappant et laissant des traces sur le mur du musee et le parquet. L’oeuvre s’appelle « El Patria »…

DSCF0675 Carla Bobadilla denonce la societe de consomation en exposant une femme nue photographiee sur des fonds de legumes, de cailloux, et devant un parterre de portes-monnaie ouverts et remplis de centimes.





DSCF0673 J’ai ete frappee par la grande poesie qui se degage des oeuvres des artistes chiliens. Jose Pablo Diaz expose pour la biennale une serie de petites histoires quotidiennes, comme des contes de la vie ordinaire, des tous petits dessins a peine esquisses au crayon de bois sur d’immenses feuilles de papier.
Tres poetiques egalement les « scupltures » de l’artiste Pilar Oville qui recupere des parties d’arbres, s’inspirent de leurs caracteristiques naturels, de leur morphologie pour les sublimiser en des oeuvres incroyables.

L’utilisation de la couleur, tres presente egalement, rend les messages plus chatoyants mais pas moins forts, comme les graphs des deux jumeaux stars Los Gemeos. Mais ce fera l’objet d’un autre edito ou on vous parlera egalement de l’incroyable petit bonhomme qui nous heberge a Santiago, Horatio.

Pour en savoir plus sur l’expo…

18h de bus

DSCF0682 Départ de Cordoba a 22h30. Super limite, il s’en est fallu d’un poil de culotte qu’on ne loupe le bus. Au revoir mais pas adieu (on repasse à Cordoba dire au revoir le 9/2) et départ du bus. Le trajet dans une tempête tout du long, ca pete de tout les cotés.

Dans le bus en cama (couchette) une niaiserie yankee sentimentale en vost espagnole. Parfait pour pioncer et couvrir le ronflement du voisin. Arrivée a 8h15 à Mendoza. 2h30 d’attente dans le terminal (baños et desayuno). 10h30 départ dans une confusion totale du bus pour Santiago. Pas sur le bon quai, en retard d’une demi heure. Autant dire rien que du banal.

Cette fois c’est en semi cama, moins confort mais il fait jour on s’en fout. On se souvient du passage de la cordillère l’année dernière et on angoisse sans rien dire. En esperant que ce sera moins dure qu’entre Nazca et Cuzco au Pérou.

Et finalement tout va bien en dehors du degré de difficulté requis pour uriner dans les baños d’un bus qui franchit la cordillière … Si ca avait été propre j’aurais sans doute opté pour la position assise :)

Bref la douane arrive et là tout se complique, on attend une heure que les 5 bus devant nous passent en se demandant ce qui peut bien prendre autant de temps. La réponse vient : Tous les cars sont vidés complètement, voyageurs, petits et grands sacs. Tout, le bus compris est passé au crible du chien anti drogue. Une fois les formalités migratoires passées (avec plus ou moins de difficulté, dommage pour le couple d’allemand qui en chie grave) chacun voit son sac de soute passé aux rayons X (ca passe ou ca casse, encore une fois les allemands peinent), pendant que tout le monde aligné en rang d’oignon l’oeil inquiet dépose son sac de cabine sur une table devant lui. Le chien passe une fois encore sur la table pour flairer les sacs. Un coup de rayon X sur les sacs de cabines et tout le monde peut reprendre le voyage.

La raison, pour ce qu’on en sait est le controle de l’immigration, le controle de la drogue et enfin la protection de la flore et faune chilienne (il est strictement interdit de passer quoi que ce soit de végétal ou animal).

Une explication possible mais purement hypothétique est qu’en Argentine, la culture du soja par exemple a ruiné le sol pour des décennies.

Une fois la douane passé, on redescend doucement les andes et on rentre progressivement dans un climat aui nous est familier puisqu’il ressemble à celui de Lima. La condensation de l’océan pacifique ne passant pas les andes, l’humidité reste dans l’air, ce qui cumulé à l’altitude offre un paysage complètement different. Plus tropical, plus vert, plus riche, on rentre par moment dans des vallées qui me font penser à certains paysages de la Havane.

Dans le bus, c’est King Kong qui sévit à la téloche… Par la fenetre, on retrouve la chicha (alcool de maïs) sur les affiches. On comprend qu’on est dans un pays andin de nouveau (géographiquement le plus andin). Non pas que l’argentine ne soit pas andine mais proportionnellement à son territoire et vu la position de sa capitale, elle est beaucoup d’autres choses.

2 arrets plus loins c’est Santiago…

Wilkommen im Schwarzwald !

DSCF0611 A environ 15km d’Intiyako, la Cumbrecita est un petit village perché (vient de Cumbre, la cime ?) très touristique mais agréable on on peut faire de la grimpette (bastante subir !!!) et observer un panorama superbe sur la vallée.

Ce village est également caractéristique de l’influence allemande locale. Villa Belgrano, La Cumbrecita, Villa Berna, et toute la région ont des allures de Bavière. Les camping s’appellent Tannenwald, la bière locale Isenbeck, les restaurant proposent des spötzle et ressemblent plus à des chalets de Savoie qu’à des estancias. Tout ça est évidemment très déroutant pour le touriste français qui ne s’attend pas à se visiter la Forêt Noire en pleine pampa argentine…

DSCF0618 Nous passons la fin de journée à la Cumbrecita et dînons dans un « chalet » resto où la patronne fait la cuisine et monsieur touche de la guitare et de la voix. Du folklore péruvien, du Mercedes Soza, des voix et un look latin lover dans une maison de bois sculpté, tout ça me paraît tellement étrange…Biensûr, on ne peut pas taxer ce village de site artificiel, il y a vraiment une influence allemande de plusieurs génerations, et des familles qui sont venus s’installer ici en apportant leur culture.

DSCF0607 Après-tout, c’est un réflexe de touriste gâté que d’être choqué de trouver ailleurs les particularités de son pays, comme s’il fallait absolument être dépaysé et trouver de l’exotisme pour s’entousiasmer.
Après tout, l’Argentine tire sa force et sa richesse de cette mixité. On y trouve des visages métissés, des glaciers succulents parce que les italiens sont passés par là, les espagnols ont construits des bâtiments d’artchitecture dite « coloniale », des gallois et des français un peu fêlés peuplent ce pays depuis des générations. Il est très fréquent de tomber sur des gens qui ont appris le français à l’école (ce qui me paraît également très étrange…), et qui se souviennent de mots simples pour engager une conversation (si je tente un « Comment qu’c'est gros, ça get small (orth?) » ça le fera pas).

Il n’y a donc aucune raison pour ne pas y trouver de chalets en bois…et puis c’est très beaux les chalets en bois.

30 janvier 2006

Les recettes de (copyright) Martin

Martin est un musicien mais il aurait très bien pu être maître cuisinier. Voici un exemple de ces recettes, testés et approuvées. Leur succès tient aux secrets de fabrique, qui eux, restent secrets ;)
Comme c’est notre dernier jour aujourd’hui avec nos deux amis, je voulais rendre hommage aux festins qu’ils nous ont préparés pendant ces trois semaines.

D’après Martin, le premier meuble que tu achètes dans ta maison c’est la parilla ! En camping, ca devient une grille qu’on peut emmener partout et qui sur un feu permet de tranformer trois bouts de viande en un festin :
* Costillas de vaca (trés différent de la côte de boeuf francaise, ressemble plus à du travers de porc mais version vache), justes salées et très grillées qui se dégustent avec les doigts chaudes ou froides.
* Vaca con chimichuri : la viande de boeuf est marinée dans une sauce relevée à base d’huile d’olive, aïl et curry (le reste est secret…) et cuite sur la grille
* Pollo a la parilla : le poulet entier est coupé par la moitié, écartelé pour le faire ressembler à un crapeau et cuit à plat sur la grille assaisonné d’un trais de citron et de sel

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Mais Martin est un maître cuisto en toute circonstance, et même en camping c’est un festin :
* Le risoto de camping de Martin : faire rissoler poivrons, oignons, ail dans une grosse casserole à l’huile d’olive, rajouter le riz, l’enrober des légumes revenus, verser deux mesures d’eau pour une mesure de riz dans la casserolle…remuer de temps en temps et patienter. Rajouter au dernier moment, petits poids en boîte, poisson, tomate, ce qu’on a sous la main. Un régal !
* Marche aussi avec des pâtes
* El barco de pimiento con huevo : couper un poivron en deux (plus il est long mieux c’est), enlever les graines, poser les moitiés coté peau sur la grille, casser un oeuf dans chaque barque ainsi formée, ajouter sel et origan (ou ce qu’on a sous la main). Se mange avec un petit bout de pain frais avec plein de mie, miam.

Le Pollo al disco :
Les maisons en campagne disposent souvent à coté de la parilla traditionnelle, d’un « disque », sorte de wok fabriqué avec une vieille lame de tracteur à labourer (?) sur laquelle on rajoute un tour en métal. Une résistance permet de chauffer par en dessous et en plein air.
Pour le pollo al disco, on y fait revenir des morceaux de poulet dans de l’huile d’olive, puis des légumes comme du poivron rouge, des oignons, du maïs, des tomates. On finit par faire mijoter tout ca avec un peu d’eau et c’est délicieux surtout le trempage du petit bout de pain dans la sauce…


Et pour finir, un classique de la province de Cordoba : Le Choripan, version argentine du Hot Dog ou du Kebab. Une grosse saucisse, de préférence de porc, est grillée, coupée en deux et intercalée dans un sandwich avec salade, tomates, choux ou ce qu’on veut. Fameux avec la sauce chimichuri.
Des petits vans se mettent au bord des routes et sur les places principales pour vendre des Choripan à emporter, casse croute de sorties de boîte, d’après concert, etc. Martin les fait maison et c’est du vrai bonheur !

14 jours de brousse

DSCF0626Des semaines sans trace de civilisation ou presque, sans route bitumée, sans douche (a tel point que je sentais plus fort et plus mauvais que mon cheval). Heureusement, on peut toujours se baigner dans une rivière sauvage (et sentir la vase), accessoirement se fêler une côte dans une figure libre du haut de 5m. Et le bonheur qui s’en suit de « dormir » à même le sol avec une côte fêlée ;)


On sentait tellement la nature qu’un iguane d’1m est venu finir les restes de l’asado de la veille sans même s’inquiéter de notre présence. Ici, tout est plus gros, plus nombreux et plus dangereux. Il vaut mieux faire gaffe avant de faire la sieste, araignées géantes et serpents rôdent. C’est un peu skull Island ;) Les buses font 1,5m d’envergure, et quand c’est pas les buses, c’est des aigles énormes de 2m ou le fameux condor de 3m qui lui est reste invisible.

DSCN6396 Et plus dingue aussi, des champs entiers de luciolles. J’avais jamais vu ça. Le chant de l’huraca ou du chinchero, ou d’un quelconque perroquet local au reveil le matin. Ou des ciels étoilés hallucinant (avec cours d’atronomie de Martin). Ca reste un grand mystère pour moi les ciels d’Amérique du sud n’ont rien à voir avec ce qu’on peut admirer depuis la France de jour comme de nuit. Ca vient sans doute du fait qu’on voit mille fois plus loin ici, mais POURQUOI bordel. Tous les avis sont les bienvenus…


Jusqu’aux villages sans route, que du chemin de terre poussiereuse ou on compte un cheval et son paysan pour une voiture. On pourrait croire que c’est la zeb locale qui produit cette effet, mais non elle est plutôt cool, le prix aussi est cool (le zedou est à 30 pesos, moins de 10 Euros). Par contre faut faire gaffe si on veut pas faire un an de zonzon, ca rigole pas. et vaut mieux dix piqures de vipère qu’un jour en prison argentine apparemment :) D’ou le language codé !!!

De retour a Cordoba, on retrouve la chaleur etouffante de la plaine, la civilisation et ses voitures. La Falcon entre toutes, LA VOITURE argentine qui a des allures d’américaine des années 70 (une licence de Ford). C’est une voiture de collection maintenant car la production s’est arrêté aux alentours de 1990 et qui a ici un les relents de la dernière dictature.

Aujourd’hui, repos et cyber. Demain nouveau départ sans Karina et Martin (qui vont nous manquer) en sac à dos et bus vers Mendoza et le Chili pour aller y fêter la nouvelle présidente :)

El Pato, mascotte porte bonheur

DSCF0544 Il s’ennuyait dans une boutique de jouets à Capilla del Monte, avec ses yeux qui louchent et son cou à ressort, on s’est dit qu’il ferait une super mascotte porte bonheur. Depuis qu’on le trimballe partout, on a une réelle bonne étoile au dessus de notre tête : la voiture se répare à bon prix, on grimpe le Cerro Uritirco sous les nuages au frais pour redescendre par un beau soleil, on perd les barres de toit et les bagages sur la route… mais on retrouve tous les morceaux et sans casse, il ne pleut pas une goutte quand il pleut tout le temps à Intiyako, etc.

Du coup El Pato est devenu une star et on lui a même fait un album photo.