La Torta et un retour en fiesta a Cordoba

Après ces quelques jours bien agréables au pays des vignes et des olives, retour par Cordoba avant de passer la fin de semaine sur Buenos Aires. On a prévu de ne rester qu’une soirée et deux bouts de journées. Connaissant Martin et Karina, on sait que la soirée sera longue…

Torta El Pato Depuis que j’ai vu le film Historias Minimas, je reve de ces gateaux geants que font les mamas argentines. “La Torta” c’est un gateaux fait de genoise fouree au dulce de leche ou a la confiture et recouvert de pate d’amande (…en gros). Le clou du gateau reside dans son aspect. Quand arrive une fete ou un anniversaire, on se rend chez une petite dame experte en Torta et on choisit la tete qu’aura le gateau en fonction de la personne a qui on veut l’offrir ou de l’evenement. On discute autour de centaines de photos exmples, on cherche l’idee, et on imagine un gateau sur mesure. Trois jours sont ensuite necessaires pour la realisation du gateau ! La reussite se mesure a la creativite de la patissiere et de sa capacite a realiser les details en pate d’amande.

Livraison surprise de torta De connivence franco-argentine, un complot s’est cree pour m’offrir une super Torta a l’occasion de la fete d’adieu des “franchutes” a notre retour a Cordoba. Et voila le resultat !!! UWWhhaaoouu ;) ;) ;)
Manger des bouts de canard en pate d’amande me rappelle a peu pres le plaisir que j’avais a detruire les chateaux de sables sur la plage que mon pere metait 3h a realiser.
Si un jour je vis en Argentine, je serai Maitre Torta.

Fiesta du 9 février Pour la soirée, Dora, la maman d’une collègue de travaille de Karina nous a préparé des plats “arabe” qu’elle connaît de son papa (on passage on a récupéré la recette). Un vrai délice. Martin continue a la parilla en offrant pour tout le monde une choripanie géante (70 saucisses à faire cuire, s’il vous plaît) et nous emmènera en musique jusqu’au petit matin (…5h).

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Michel Rolland a Mendoza

Plaza Independencia Mendoza, c’est la capitale du vin de l’Argentine, 70% de la production du pays du pays vient des zones de Maipu et Lujan, environ a une heure de la ville. Situee dans un desert de caillasses, la ville detient pourtant un systeme d’irrigation super efficace, datant des indiens huarpe, qui permet d’approvisionner les cultures en eau et preserve le centre ville des inondations.


Déjeuner gastronomique à l\'Almacen del Sur Pour visiter les bodegas, un jeune argentin propose une formule originale “vin et bicyclette”. On se promene ainsi au gres des envies entre vignes et oliviers avec des pauses visites de bodegas, musee du vin, fabrique d’huile d’olive et magasin de gourmandises.

Don Luis Le type qui a lance le concept entrepose ses velos dans la maison d’un vieux monsieur de 80 ans qui a travaille toute sa vie et qui aujourd’hui a l’air tout content de participer a l’entreprise d’un petit jeune. Il faut tapper fort a la porte pour se faire ouvrir et parler tres fort, mais quel personnage ce Don Luis ;)

Vignes et oliviers Au cours du parcours, on s’arrete dans une bodega tenue par deux francais au parcours atypique. Philippe etait ingenieur a EDF et s’est expatrie avec sa femme Brigitte en Argentine pour son travail en 1998. A la fin de son contrat, conquis par le pays, Philippe donne sa demission a EDF et entreprend de reprendre un domaine dans la region de Maipu et de commencer a produire du vin avec une experte argentine en oenologie. Son probleme est simple : comment faire un vin de qualite irreprochable, rapidement, pour s’imposer sur un marche dont il ne maitrise ni le savoir faire ni la culture du pays, et de surcrois en crise. C’est le qu’intervient la star du vin internationale, Michel Rolland. Pour ceux qui ont vu le film Mondovino, on se rappelera ce personnage qui a transforme savoir-faire vinicole en marketing et qui “apprend” aux domaines du monde entier a faire du vin qui ressemble a du Bordeaux, qui a le gout de la tendance, et qui plait a Robert Parker, LE critique du vin mondial, et donc qui plait au marche (j’ai beaucoup resume). :(
Ainsi, voila comment on a visite, goute… et meme achete, en Argentine, un vin de Michel Rolland. Certe on aurait prefere ramener un vin du petit producteur du coin qui nous aurait fait boire jusqu’a plus soif un petit vin de pays autour d’un fromage de chevre fume comme ils savent le faire ici. Mais non on a achete un Michel Rolland. J’avoue que je me suis laisse attendrir par l’histoire de ce couple francais qui a prefere la pampa argentine a un bureau climatise chez EDF, une economie incertaine mais dynamique a une societe et un systeme vieillissant, amoureux des ciels et des gros chiens argentins. Brigitte, qui nous fait la visite parle castillan avec un accent bordelais et entrecoupe ses phrases de “bon”, “ben”, “alors” et nous explique coment ils se sont plante sur le packaging avec leur premiere etiquette qui representait un ciel rempli d’etoiles (aujourd’hui ils ont mis un blason francais, ca fait plus serieux). On repart avec deux bouteilles, dont celle avec l’etiquette du ciel rempli d’etoiles…

La bodega Carinae

Tout sur Michel Rolland

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Valparaiso

RuelleSantiago Valparaiso 1h30 de bus. Ça me fait rire tellement c’est ridicule comme distance. En dessous de 400h de bus, c’est pas la peine de m’en parler, ça m’interesse plus !

Terminal de Bus de Santiago pour Valparaiso
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Donc après ce voyage éclair, on débarque au port mythique et ville de Neruda. Au passage, nous venons de traverser le continent d’est en ouest.

D’abord c’est gris et assez triste car le terminal de bus est loin du port, on voit á peine les collines de maisons qui suivent la baie et aucun des fameux funiculaires (environ une trentaine).

Ruelle en couleurAlors, on décide d’aller voir ce que cette ville peut bien avoir de particulier pour être l’objet de tant de fantasmes et être inscrit au patrimoine de l’humanité.
On entre alors dans les entrailles d’une ville affairée qui nous rappelle un peu La Paz ou Lima dans l’agressivité de son animation. Au fur et á mesure qu’on avance vers le port, la ville devient plus agréable mais ne justifie toujours pas sa réputation.

AscenseurOn décide donc de trouver un ascenseur et de voir ce qui se passe plus haut. Mieux vaut monter á pied si vous avez le vertige car la pente et la vétusté de la mécanique ne poussent pas á la plénitude.
Sinon, le paysage qui emmerge au fur et á mesure des immeubles commence á donner une idée de ce qui nous attend en haut :

FresqueUne vue á 180º sur l’océan et le port immense de valparaiso dans lequel cohabite vieux gréments et plateforme de fret. Les 180º qui restent á explorer sont occupé á 100% par des maisons de 2 ou 3 étages de haut et aux couleurs hallucinantes.
Entre et parfois sur les maisons, des peintures, des graphs qui font que c’est un vrai bordel de couleurs dans tous les sens oú les seuls murs qui restent blancs sont ceux des églises… (le graph en question est d’Hotatio)

Au dessus et de tous cotés, les maisons continuent de remplir chaque espace si bien que d’ici, on ne peut voir que les maisons, le ciel et l’océan.

Sur la colline d’à coté le cimetierre recouvert de végétation n’est visible que depuis les cerro plus hauts. Au sommet du cimmetierre, un panthéon énorme sous les plantes grimpantes.

Plus loin la maison de Neruda au sommet d’un autre cerro et ainsi de suite tant qu’il y a de la terre.

Metro en plein airEn bas, proche de la mer, le métro de Valparaiso est á l’air libre et longe le littoral jusqu’á Viña via la playa oú on est allé plonger les pieds fatigués par la marche.

La plage
Download plage.mp3

Vue d\'un café avec terrasseEvidemment le coucher de soleil est spectaculaire vu d’en hautmais depuis une terrasse bien si possible. La ville change de couleur chaque seconde, les ombres s’allongent et disparaissent. Après l’orange et le rouge, la ville passe au rose, tout s’allume … C’est le moment ou tu te rends compte qu’avec un pull c’est bien aussi et que finalement á l’intérieur c’est la solution.

En bas, tout le monde commence á piccoler et á sortir dans les pubs, discothèques á forte majorité gothiques (pourquoi pas). Si ça te branche pas tu peux aussi assister au concert en plein air de musique … gothique aussi !!

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La Maison d’Horatio

Rue de Nuñoa A Santiago, on est Hebergé Chez Horatio dans le Quartier Ñuñoa, un quartier où les avocatiers, les péchers, les palo burracho et les palmiers recouvrent complètement les maisons vielles de 70ans de 2 étages maxi.

L’âge de ces maisons justement est un problême: Pour certaines, elles demandent un entretien constant du fait de leur grand âge et de l’humidité ambiante.

Il y a quelques semaines de ça, la mère d’Horatio s’est fracturé le fémur en passant la jambe au travers d’une planche pourrie par l’humidité et une branche énorme de l’avocatier a céder sous le poids des fruits sur la chambre/atelier d’Horatio.

Malgré tout ils nous accueillent á bras ouverts.

Avant d’aller voir Valparaiso, on va suivre Horatio en plein séance de graphiti en compagnie d’autres peintres/graphiteurs argentins dans la nuit. Si tout se passe bien, ça fera l’objet d’un article.

Le graphiti en amérique du sud, est mieux toléré qu’en Europe. Au brésil, plus qu’en tout autre, c’est un art reconnu oú culminent depuis plusieurs années déjà les Gemeos.
Quelques exemples des oeuvres de Gemeos a Santiago

La poésie des dessins des Gemeos, d’Horatio et des autres reflétent la culture de leur pays respectifs et du continent entier. Ils se connaissent tous et peignent régulièrement ensemble.

En France, le style paraît généralement plus inspiré de celui de New York. De là à penser que c’est justement parce que cette le graphiti reste en France un art clandestin ???

Mais pour le moment, nous profitons de Santiago, beaucoup plus tranquille et agréable que je ne l’imaginais. Elle est découpée en 70 communas (arrondissements) qui ont chacune leur municipalité et leurs députés. Ainsi les lois peuvent diférer de l’un á l’autre…


Elles ont aussi leur commerce, leur place centrale. De fait le centre de la ville est assez petit et concentre institutions et musées principaux.


Ticket de métroLa ville est dessevie par un métro tout neuf qui ressemble á celui de Barcelone dans ses couloirs et á Paris dans ses wagons.

Les bagnoles sont plus récentes et moins bruyantes qu’en Argentine, le port du casque est obligatoire et respecté. Beaucoup de parcs et de jardins. Définitivement, on respire bien et on s’y repose facilement á la terrasse des cafés dans les sandwicheries branchouilles. La ville ça a du bon aussi !!!

Tant mieux car le temps est compté et le planning se ressert de jour en jour.

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“Utopias de Bolsillos”

Des notre premier jour a Santiago, nous visitons le Musee des Beaux Arts qui abrite jusqu’en Mars une Biennale de jeunes artistes contemporains.

Grand hall du Musée des Beaux Arts Le Musee est en lui meme une oeuvre d’art, un grand hall coiffe d’une grande verriere. Une architecture classique dans laquelle les oeuvres contemporaines et les couleurs criantes trouvent tout a fait leur place. Cet agencement resume a lui seul l’esprit de ce lieu, une creation hyper dynamique, decomplexee, impregnee de son histoire culturelle et pourtant resolument creative. Les references classiques n’y sont pas pesantes comme en Europe, les lieux d’expo n’ont pas ce cote sacre et elitiste.

Un groupe de 11 jeunes artistes y exposent chacun une oeuvre dans une biennale intitulee “Utopias de bolsillos” (utopies de poche) . Humbles, revendicatives, utopistes, leurs oeuvres sont empreintes d’images fortes et efficaces.

Par exemple, Rodrigo Canala a installe une corde a sauter qui bouge grace au mecanisme de deux mains activees par des moteurs. Une des deux mains tient un manche de corde aux dessins naifs, l’autre une menotte, la corde fait un bruit d’enfer, tappant et laissant des traces sur le mur du musee et le parquet. L’oeuvre s’appelle “El Patria”…

Le corps, les légumes et l\'argent Carla Bobadilla denonce la societe de consomation en exposant une femme nue photographiee sur des fonds de legumes, de cailloux, et devant un parterre de portes-monnaie ouverts et remplis de centimes.





Le petit sac à dos J’ai ete frappee par la grande poesie qui se degage des oeuvres des artistes chiliens. Jose Pablo Diaz expose pour la biennale une serie de petites histoires quotidiennes, comme des contes de la vie ordinaire, des tous petits dessins a peine esquisses au crayon de bois sur d’immenses feuilles de papier.
Tres poetiques egalement les “scupltures” de l’artiste Pilar Oville qui recupere des parties d’arbres, s’inspirent de leurs caracteristiques naturels, de leur morphologie pour les sublimiser en des oeuvres incroyables.

L’utilisation de la couleur, tres presente egalement, rend les messages plus chatoyants mais pas moins forts, comme les graphs des deux jumeaux stars Los Gemeos. Mais ce fera l’objet d’un autre edito ou on vous parlera egalement de l’incroyable petit bonhomme qui nous heberge a Santiago, Horatio.

Pour en savoir plus sur l’expo…

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